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Plan lumière: définition de l'Art Urbain

« Pour créer une image nocturne harmonieuse et cohérente de la ville et non une juxtaposition disparate de réalisations, il ne suffit pas de recenser les monuments à illuminer ; il faut composer, rythmer, différencier par l'ombre et la lumière les quartiers qui la composent. » Roger Narboni, La lumière urbaine

« L'image nocturne doit être perspective et sensorielle. Elle ne doit pas tenter de reproduire la vision diurne, mais au contraire identifier la ville, réaffirmer dans l'histoire et la vie de la cité. »
Éthique des concepteurs lumière, L'urbanisme lumière

Plan lumière: Concept né à la fin des années 1980.
Le Plan Lumière est un document destiné à l'éclairage et à la mise en valeur de l'espace public et du paysage urbain à différentes échelles (agglomération, quartier, etc.). 
Il présente (selon La lumière urbaine de Roger Narboni), un inventaire identitaire de l'existant, une hiérachisation des zones à projets, un phasage pluriannuel des réalisations.

Il se différencie du schéma directeur d'aménagement Lumière par l'échelle et la planification ; ce dernier a pour objet de réunir les études d'éclairage à grande échelle sur le long terme, concernant l'éclairage des voies, des espaces publics, des monuments et bâtiments remarquables (extraits des recommandations de l'Association française de l'éclairage (AFE) résultant du travail d'une commission).

Le Plan Lumière est l'aboutissement d'un processus historique d'éclairage des villes qui commence au XVIe siècle, où le couvre-feu imposait aux citadins de rester chez eux après une heure fixée par les autorités.

Louis XIV, dans sa lettre du 16 août 1662 où il constate que « les vols, meurtres et accidents arrivent journellement en notre bonne ville de Paris faute de clarté suffisante dans les rues », crée une compagnie de lanterniers (1). Ces nouvelles mesures donneront à Paris son surnom de « ville-lumière ». Par la suite, les réverbères à huile prennent le relais des lanternes (2) directement sur le mur.

Puis en janvier 1829, les quatre premiers appareils d'éclairage au gaz sont mis en service (3).

À la fin du XIXe siècle, avec l'électricité et la lampe à arc de charbon, une nouvelle ère commence, celle de l'éclai- rage public des villes. La première démonstration a lieu en 1884 sur la place de la Concorde (4).

Dès 1930, l'éclairage public est réalisé pour protéger le piéton et favoriser la circulation automobile.

Dans les années 1980, le besoin de mettre en valeur la ville de nuit donne naissance à la notion de Plan Lumière. Ce dernier se substitue à l'éclairage public pour concilier l'aspect sécuritaire de la lumière et renforcer son identité.

Le Plan Lumière permet de dessiner la silhouette nocturne d'une ville à partir d'une collection d'édifices éclairés (7/8). Les projets d'illumination sont confiés aux services techniques, qui auront à gérer l'application des principes du Plan Lumière sur le long terme, suivant les aménagements futurs. 
Le Plan Lumière est le fil conducteur qui oriente les concepteurs lumière, architectes, designers, plasticiens, etc., qui œuvrent ensemble dans ce projet d'urbanisme. Cette façon globale de repenser la ville est mise en place selon « une méthodologie très précise », que définit le Plan Lumière. Il pose des principes de base, affiche des préférences, planifie les réalisations dans le temps.

Le Plan Lumière est avant tout une étude de conception urbaine.
Il s'inscrit dans une démarche d'aménagement de la ville, puise sa spécificité dans les données inhérentes aux sites et conjugue harmonieusement des approches extrêmement variées. Il se trouve de ce fait au milieu de réflexions multiples à la fois sur la mémoire des lieux, l'urbanisme, l'architecture, la sociologie, etc.
Ces divers critères d'appréciation interviendront tous ensemble, aussi bien dans l'analyse du contexte du Plan Lumière que dans l'élaboration des solutions proposées. C'est cette nécessité d'une réflexion en permanence multicritères qui fait la difficulté mais aussi l'intérêt du Plan Lumière.

En 1995, est créée l'ACE (Association des concepteurs lumière et éclairagistes) qui a pour but de promouvoir le matériau lumière et les professions qui s'y rapportent. Elle est fondée par Roger Narboni et présidée en 2003 par Jean Sabatier.

Le Plan Lumière s'organise autour d'une méthodologie définie en trois phases successives :

Phase 1 : inventaire identitaire de l'existant.
Il faut s'imprégner de l'esprit du lieu, par l'observation et une sensibilité d'analyse d'ambiance. Il faut intégrer les informations historiques, culturelles, la publicité extérieure, les textures de la ville, les perspectives, les pratiques, les couleurs, etc.

Cette étape permet au concepteur lumière de se faire une première image de la ville. Comme pour Lyon, il faut repérer les principaux sites, monuments, ponts et façades à illuminer (12) dans le cadre du Plan Lumière grâce à un plan de synthèse du patrimoine (5).

Phase 2 : hiérarchiser les zones à projets.
La ville est étudiée dans ses usages et la lumière est pensée comme un outil d'aménagement.
La délimitation des secteurs géographiques à traiter est déterminée en intégrant les futures extensions possibles et les liens entre les secteurs. Cette réflexion s'appuie sur des plans de circulation, sur l'organisation spatiale des différentes fonctions de la ville et sur les projets d'aménagement urbain. Dans le Plan Lumière de Lyon, le plan directeur général (6) permet de visualiser les grandes orientations de la lumière. Les contenus types du Plan Lumière dépendent du périmètre d'intervention et de l'échelle souhaitée par le maître d'ouvrage (du 1/25 000 au 1/500 voire au 1/200). Cette phase peut entraîner l'établissement d'une charte lumière débouchant sur la réalisation de zones tests.

Phase 3 : établir un phasage pluriannuel des réalisations.
En fonction des impératifs budgétaires de la commune, il est vérifié si les réalisations ne sont pas contradictoires avec les règles de sécurité. Les coûts d'études des Plans Lumière sont très variables. Ils dépendent du périmètre d'étude, du degré de précision souhaitée et de la durée de l'étude (de trois à neuf mois). 

Des Plans Lumière ont été réalisés sur ce principe dans plusieurs villes en France (9/10) : c'est dire toute l'importance de ce phénomène, qui est appelé à se développer dans les années à venir.

V. CHARTE LUMIÈRE, LANTERNE, PERSPECTIVE, PLAN DE CIRCULATION, PUBLICITÉ EXTÉRIEURE, RÉVERBÈRE, SCHÉMA DI- RECTEUR D'AMÉNAGE- MENT LUMIÈRE, SILHOUETTE.

Source: Arturbain.fr
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